Pourquoi Pas?

Pourquoi ne peut-on pas avoir des conférences comme celle-ci, avec des mini-events comme celui-ci en parallèle en Romandie? Ou encore comme celle-ci? Ou bien comme cette autre! Ou celle-là!

Pourquoi pas? Est-ce que le marchĂ© est trop petit? Y a-t-il un manque d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral? Je pense que le problème est important, et qu’une grande partie de l’Ă©lan technologique local est Ă©touffĂ© par ce manque d’une grande confĂ©rence technique chez nous.

Après tout, le web a été inventé à Meyrin.

Je constate avec amertume que la Suisse est Ă  la traí®ne dans ce domaine. En Europe il faut se dĂ©placer vers Londres (parfois Paris ou Barcelone, parfois Prague ou Copenhague) pour pouvoir assister Ă  des Ă©vĂ©nements techniques du type “world-class”, avec des speakers qui font vraiment la diffĂ©rence Ă  niveau mondial. Supposez pendant un instant que Reg Braithwaite, Adrian Holovaty, Leah Culver, David Heinemeier Hansson, John Resig, Tim O’Reilly, Christophe Porteneuve, Steve Yegge, Andy Clarke et Avi Bryant venaient Ă  Palexpo pour une sĂ©rie de confĂ©rences et d’expositions: n’iriez-vous pas les Ă©couter? (Vous ne connaissez pas tous ces noms? Je vous invite a suivre les liens et a voir ce qu’ils ont Ă  dire et voir ce qu’ils font. Vous me comprendrez alors.)

Et pourtant! Des sociĂ©tĂ©s internationales, ce n’est pas ce qui manque. Des salles de confĂ©rence? Il y en a aussi, surtout Ă  Genève. Chaque annĂ©e les “TechDays” de Microsoft font le plein. J’ai vu Apple remplir une salle de confĂ©rence aux Pí¢quis. Des sociĂ©tĂ©s spĂ©cialisĂ©es dans le web (ou le dĂ©veloppement logiciel en gĂ©nĂ©ral)? Il y en a des centaines, avec des noms comme Google et Yahoo! prĂ©sents dans les environs. Des Ă©coles spĂ©cialisĂ©es? Il n’en manque pas.

Conclusion: le marchĂ© n’est pas trop petit, et il n’y a pas non plus un manque d’intĂ©rĂŞt.

Alors?

Pour tout vous dire, je me rappelle de Telecom 95 avec une certaine nostalgie. (Du coup, je me souviens de me connecter, depuis les terminaux dans les couloirs de Telecom 95, via Telnet vers les ordis de l’Uni de Genève pour vĂ©rifier mon e-mail, ou faire un “talk” avec un ami qui Ă©tait du cĂ´tĂ© du Quai Ansermet, et de me retourner et de voir derrière moi une bonne dizaine de personnes, me regardant comme si je faisais partie d’un film de science fiction. Il Ă©tait 1995, donc.)

Au delĂ  de ces souvenirs, Telecom Ă©tait une vraie confĂ©rence technologique, de pointe, aux portes de la Suisse, avec les grandes et petites sociĂ©tĂ©s Ă  portĂ©e de main. Mais les organisateurs ont senti que ce n’Ă©tait pas ici que les choses intĂ©ressantes se passaient, laissant la Suisse sans une Ă©norme vitrine dans le monde. Depuis, tout ce qui concerne le software, le web, le design, l’innovation, Ă  l’air de se passer ailleurs.

Certes, il y a Lift, mais qui est plutĂ´t centrĂ©e sur la connexion entre technologie et sociĂ©tĂ©. Comprenez-moi bien: Lift est formidable; mais je rĂŞve d’une confĂ©rence sur la technique, sur les tendances, sur le web, oĂą l’on explique “live” le pourquoi du succès de certaines sociĂ©tĂ©s, oĂą les laboratoires montrent leurs nouveaux langages de programmation, oĂą les blogs se remplissent de nouveautĂ©s, oĂą Twitter explose 1000 fois par jour, oĂą l’on apprend que certaines idĂ©es reí§ues Ă  propos du mĂ©tier d’informaticien sont carrĂ©ment fausses, et qu’on peut faire mieux.

En voilĂ  un rĂŞve.